« C’est l’étalon d’or de l’appellation année après année »
Le Cahors était presque un vin fantôme, au bord de l’extinction à l’aube des années 1960. Le Cahors a maintenant une qualité de production impressionnante, les investisseurs ont senti de bonnes affaires du fait que certains des plus grands terroirs de la région sont encore en friche.
Parmi les bouteilles de référence il y a celles de Pascal et Jean-Marc VERHAEGHE au Château du Cèdre et celles d’autres propriétés comme le Château Haut Monplaisir et le Château des Croisille pour lesquels Pascal VERHAEGHE est consultant.
Le meilleur est certainement le Château du Cèdre (j’avais acheté des demi-bouteilles du Château du Cèdre 2000 en 2003 pour 5.35 £ chaque et elles sont toujours aussi bonnes) mais son vin le plus pur et le plus noble est le « Le Cèdre » : un pur Malbec.
C’est l’étalon d’or de l’appellation année après année.
Château du Cèdre, Le Cèdre 2007 (**** 17.5/20)
Senteur de prune noire, de feuille de laurier, d’écorce d’arbres et de sous-bois. Au palais c’est profond, épicé, chaleureux et accessible malgré sa grande profondeur et puissance. Les fruits noirs entourent le c½ur du vin avec beaucoup de parfums de tabacs et d’épices pour ajouter un plaisir supplémentaire.
Ici on est déjà en territoire du Malbec : de ce vin noir et opaque émane un intense bouquet de fruits noirs, de fumé et de chocolat et autres épices.
Dense et suave en bouche, sauvage mais aimable, on a envie de croquer à pleines dents les tanins qui chatouillent le palais, avant de se reposer au fond du verre parmi les senteurs de cannelle, de vanille et de terre fraîche.
J’aime toujours associer un jeune Malbec de Cahors au magret de canard ou on bon poulet rôti aux épices tel que coriandre, cumin, gingembre. À tester peut-être au 17 avril, journée international du Malbec - Malbec World Day...
Château du Cèdre GC 2008 – « C’est un vin magique… »
C’est ainsi que le guide Gault & Millau décrit le millésime 2008 de notre grande cuvée 100% Malbec. Après une belle année dans les vignes de Cahors, deux ans d’élevage en cave et quelques mois de maturation en bouteille, notre travail aboutit sur une séduisante cuvée de vin noir, alliant puissance et élégance, structure et souplesse, fruit, épices et sous-bois.
Le Sommelier International qualifie ce vin de très prometteur et lui donne un avenir de garde de 10 à 20 ans.
Si les Malbecs de Cahors sont effectivement réputés pour leur longévité, nous nous efforçons depuis de nombreuses années de mettre les vins du Château du Cèdre déjà en valeur pendant leur jeunesse. Et ce 2008 en est un bel exemple : aujourd’hui fruité, ample, délicat et minéral, il vous surprendra avec une complexité et finesse rare d’ici quelques année. Enfin, si vous êtes assez patients pour attendre…
Du changement climatique dans le vignoble de Cahors ? – Entretien avec Pascal Verhaeghe
Depuis quelques années le temps et le climat semblent changé. Qu’en est il dans le vignoble de Cahors ? Pascal Verhaeghe : Nous avons effectivement constaté des changements au niveau de la météo ces dix dernières années. Il y a plus de vent et nous avons des périodes de chaleur et de sècheresse plus fréquentes.
Plus de vent et plus de chaleur, est ce que c’est plutôt bon ou mauvais pour la viticulture ? PV : Cela dépend. Le vent a tendance à rapidement sécher la vigne après des périodes de pluie. Nous avons donc moins de risque de maladies, les champignons parasites ont plus de mal à s’installer. En ce qui concerne la chaleur et la sècheresse, il faut aider la vigne à s’adapter.
L’aider comment ? PV : Les amendements organiques, le compost, par exemple augmente la rétention d’eau dans les sols. Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi inciter la vigne à pousser ses racines en profondeur, pour se mettre à l’abri.
Vignes Chateau du Cedre Cahors
Comment faites vous au juste pour inciter les racines à descendre ? PV : Par le travail du sol et par la patience. Depuis de nombreuses années, nous faisons un travail de buttage à l’automne et de décavaillonnage au printemps. C’est à dire, nous couvrons et découvrons les pieds de vigne de terre. En même temps, cela coupe les racines près de la surface, de cette façon la vigne pousse vers le bas. On peut ainsi gagner 20 à 30 centimètres de profondeur racinaire par an.
Quel incident sur les raisins et la maturité ? PV : Jusqu’à là, nous arrivons à maîtriser une maturation régulière de nos raisins, malgré les aléas climatiques. Il faut à tout prix éviter un arrêt de maturation en période de grandes chaleurs estivales. La vigne ne doit donc pas souffrir et garder son feuillage intact et fonctionnel. Une alimentation régulière en eau en est la clé. De plus, nous tenons le feuillage plus court qu’auparavant pour ralentir l’accumulation des sucres dans les raisins et préserver l’acidité. C’est là qu’on prend des risques, car il faut quand même suffisamment de végétal pour arriver à maturité.
Et vous retrouvez votre travail dans les vins ? PV : Tout à fait. Au niveau de l’équilibre sucres/acides d’abord. Les degrés restent assez faibles dans nos vins, autour de 13 à 13,5 % Alc. Vol. et nous nous réjouissons de la forte présence de fraîcheur. Et puis les structures tanniques se sont affinées, sans perdre leur force et intensité. C’est de ça que vivent les grands vins rouges : assez d’alcool pour avoir du volume et de la puissance, la fraîcheur pour former une colonne vertébrale et pour donner de la longueur, des tanins pour la profondeur et la longévité.
Après des pluies printanières entre mars et avril, le temps est
devenu plus sec et chaud entre mai et juin. La fleur (période clé dans
l’année vigneronne) s’est déroulée sous un ciel bleu magnifique, sans
encombres ou incidents météorologiques mi-juin. Après un beau début d’été,
la fin juillet a été plutôt fraiche avec quelques pluies bienvenues, suivi
d’un mois d’août à la hauteur de sa réputation.
Château du Cèdre - Grands vins de Cahors
Pascal goûte les graines de Malbec avant les vendanges
La vigne
Elle n’a pas souffert, ni des pluies en début de saison, ni de la
sècheresse estivale. En avance d’une bonne quinzaine de jours au niveau du
cycle végétatif, elle a su profiter aussi bien de l’abondance de l’eau de
pluie stockée dans nos sols en profondeur, que de l’énergie du soleil d’été
pour se constituer une belle végétation. Encore à la fin du mois d’août, les
feuilles se montraient dans un beau vert profond, sans maladies.
Les vendanges
Elles ont commencée le 31 août avec la récolte du Viognier.
Le raisin était dans un état sanitaire parfait et très gouteux. Le rendement
s’est situé autour de 30 hl/ha avec un taux d’alcool de 13° et une très
bonne acidité. L’équilibre devrait être parfait. Les rouges ont suivi à
partir du 12 septembre, avec les vendanges des premiers Malbec. C’est une
année assez précoce, caractérisé par une maturité très homogène dans toutes nos vignes.
Les derniers raisins sont rentrés dans nos chais le 22 septembre et ont été encuvés pour quelques semaines de fermentation et de macération,avant plusieurs mois d’élevage sous bois ou en cuve. Les vendanges se sont déroulées sous un climat idyllique. Il vous faudra un peu de patience avant
de goûter ce millésime prometteur. Heureusement qu’il y les 2008, puis les
millésimes suivants pour faire passer le temps…
Le Cèdre Malbec Vintage, ou quand Pascal et Jean-Marc rêvent douceur…
… cela donne un nouveau vin. Après dix ans de réflexion : le Château du Cèdre MALBEC VINTAGE est né !
Adeptes des grands vins de Porto depuis toujours, l’envie de faire un vin doux à base de Malbec n’a cessé d’augmenter ces derniers millésimes, et le grand pas à finalement été franchi en 2010. Trois parcelles de Malbec ont été choisies en fonction de leur profil gustatif - fruité-floral, épicé ou encore frais et minéral -, vendangées vers la mi-octobre et vinifiés à part.
C’est encore la dégustation – les saveurs, les arômes – qui a déterminé le point de mutage pour chaque vin, suite à quoi le vin assemblé avec quelques 16%vol d’alcool et moins de 100 grammes de sucres résiduels a été mis en demi-muids de 500 litres pour la maturation.
Et le résultat est là : un vin doux et suave, marqué par la fraîcheur et le croquant du raisin. À savourer sur des desserts au chocolat, un gâteau aux fruits, des fromages type roquefort ou autres bleus, un foie gras poêlé, ou, si vous êtes amateur, avec un bon cigare ou des pralines devant un feu de cheminé.
VIDEO - Pascal Verhaeghe explique le travail de vinification sur son « Grand Cru » de Cahors