Le nez de ce vin séduit : cerises et fleurs, mariés à la gourmandise de quelques herbes aromatiques et d’un léger praliné… La bouche est juteuse et minérale, guidée par une élégante et puissante structure tannique, confortablement enveloppée par de belles rondeurs qui caressent le palais. La structure harmonieuse de ce vin prédit un beau potentiel de garde, mais ses flaveurs et son équilibre sauront vous charmer dès maintenant.
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE : : un rôti de bœuf, carré d’agneau en croûte... Mais aussi un risotto au fenouil et à la soubressade, ou un bon goulasch mijoté pendant des heures et des heures !
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE : un curry au légumes (pas trop épicé), des spaetzle aux lentilles et à la crème balsamique (une recette Souabe d’Allemagne). Parlant de la cuisine allemande ; j’ai gouté ce vin il y peu avec un « PILLEKUCHEN » d’Hambourg. C’est une sorte de pancake géant, avec des patates et pleine de légumes. En version « sudiste », j’avais remplacé le beurre par l’huile d’olive et ajouté de la tapenade noire. Un accord parfait !
La #Syrah de Pierre brille à nouveau dans le Guide Hachette - Les Aspres 2012
Installé sur 21 ha de vignes, et au moins autant d’oliviers, d’amandiers et de chênes truffiers, Pierre Cros et un grand artiste vigneron, référence du Minervois, à en juger par son palmarès dans le Guide ? Il se voit comme un « paysan » et dit tenir de ses père et grands-pères boulangers à Badens, son respect du client ? Outre les cépages de l’appellation, Pierre Cros préserve de vieux ceps oubliés, voir « mal aimés » (comme l’aramon), et acclimate des variétés venues d’ailleurs.
Les Aspres Pierre Cros
La cuvée phare du domaine brille une fois de plus. Cette Syrah choyée et élevée un an en fût et bien dans la veine des millésimes précédents, avec ses senteurs intenses et chaleureuses d’épices et de fruits noirs, rehaussées de notes de cèdre et de touches de truffe. Cacao et moka torréfiés entrent en scène dans une attaque ample et onctueuse. Concentrés et suave, les tanins doux et épicés soulignent une finale intense, véritable apothéose ? Une bouteille qui sera aussi agréable jeune (servie en carafe), que patinée par les ans. (2016 – 2025)
La dernière récolte était tardive. Le secteur Gigondas, Plan de Dieu, Rasteau…, n’a subi que peu de précipitations pendant le mois de septembre, ce qui nous a permis d’atteindre la pleine maturité dans des conditions sanitaires favorables. Nous avons en effet vendangé les derniers raisins le 10 octobre.
Persuadés que le goût du vin prend racine dans le terroir et ses fruits, notre travail en tant que vinificateurs est minutieux et peu interventionniste. Notre objectif principal est de préserver l’entière qualité du raisin : un tri soigné de fruits mûrs, aromatiques et frais, une fermentation avec des levures naturelles, des temps de macération et une extraction douce adaptées au profil tannique des raisins.
Au moment de l’encuvage nous utilisons de faibles doses de soufre sécurisant pour éliminer les souches de levures problématiques. Cela correspond parfaitement à notre philosophie. Ni ami, ni ennemi du soufre, nous adaptons son utilisation aux besoins de chaque millésime, de chaque contenant et de chaque cuvée. La sensibilité à l’oxydation des différents cépages, la fréquence des soutirages pour éliminer les lies, l’ouillage des foudres et barriques et la fraîcheur constante de notre chais d’élevage présentent, entre autres, des facteurs essentiels à prendre en compte pour un vieillissement et une maturation réussie. Seul l’ensemble de ces paramètres permet aux vins d’évoluer vers l’harmonie gustative et la libre expression de leur origine.
La quête d’une expression pure et noble du fruit et de nos terroirs a guidé notre travail de vinification et d’élevage ces dernières années. Le bois joue toujours un rôle important dans la maturation de nos vins. L’ouillage et l’apport de tanins du bois permettent une oxygénation et une évolution maîtrisée, tout en respectant la fragilité d’un cépage comme le Grenache. En remplaçant la majeure partie des barriques par des foudres, nous avons néanmoins considérablement changé le rapport de force entre ces deux éléments qui sont le bois et le vin. Il nous semble primordial de garantir que le dernier garde toujours la main sur le premier.
Dans la continuité de cette démarche, nous avons renforcé notre cuverie d’élevage de trois jarres en terre cuite d’Impruneta de 800 litres chacune. Dans ce haut lieu de poterie italienne proche de Florence, on extrait en effet depuis des siècles une argile particulièrement adaptée à la fabrication de jarres. Façonnées à la main, ces récipients sont parfaitement lisses et étanches et permettent d’élever le vin sans apport tannique et aromatique. Leur forme spécifique favorise l’expression du fruit et préserve la minéralité et la tension des vins. Pour ce premier millésime, les trois jarres accueillent respectivement un vin à base de Grenache issu de la Crau à Chateauneuf-du-Pape et un vin à base de Mourvèdre vinifié à partir des raisins des Hautes Garrigues de Gigondas.
J’apprécie… Le #Vacqueyras Les Aubes 2012 du Domaine Santa Duc
On annonce toujours un moment épicurien aux convives avec l’ouverture d’une bouteille de Vacqueyras. Cette appellation d’origine a quelque chose de noble, de précieux et d’historique. Baptisée Cru il y a « seulement » 25 ans Cru des Côtes du Rhône, son histoire es beaucoup plus ancienne, étroitement liée à l’histoire des grands vins et terroirs de France.
J’avais prévu d’accompagner cette bouteille de vin de magrets de canard grillés avec un duo de figues – les unes grillées, les autres poêlées au vinaigre balsamique. Et j’allais me régaler !
Servi à 14°C (c’était un soir d’été, alors il faut être généreux avec le froid sur les rouges) dans une carafe, le bouquet se montrait immédiatement explosif : pruneaux, noix et figues à la cannelle, bref bien gourmand ! Et la bouche ? Veloutée comme l’exigent les cépages (80% de GRENACHE et 20% de SYRAH), généreuse et concentrée à l’image du millésime, avec une belle fraîcheur qui exprime le caractère du terroir sableux et caillouteux, balayé par le Mistral froid.
Aujourd’hui un vin apprivoisé, il ne faut néanmoins pas sous-estimer le potentiel de garde que le millésime a confié aux vins du Rhône. Il s’appréciera pendant longtemps encore (au moins 5 ou 6 ans), développant davantage de notes d’épices, de cacao et de fruits secs.
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE : outre les magrets aux figues, il appréciera sans doute des brochettes de bœuf mariné façon Teriyaki, tout comme un simple et honnête rôti de veau à la moutarde. ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE : Allez chercher des saveurs concentrées pour escorter ce vin, tel une tarte tatin aux tomates confites, un risotto cèpes-Hokaido, ou encore des tagliatelle aux pleurotes grillées et pesto de tomates séchées.
Surtout en été, car se vin a la pêche ! Ce qui me frappe vraiment en le dégustant, c’est la vivacité et la fraîcheur qu’il affiche. Modérément tannique, je le décrirais comme étant croquant et vigoureux, avec juste ce qu’il faut comme générosité. Est ce qu’on peut dire d’un vin de Cahors qu’il est désaltérant ? La preuve que oui ! C’est un vin jeune et enthousiaste, un vin copain, un vin heureux…
Le Cèdre Héritage 2012 Cahors
J’ai oublié de parler de ses aspects visuels et olfactifs ? Pardonnez-moi. Il est noir et pourpre comme il se doit pour un vrai Malbec, et il présente un joli bouquet de fruits noirs frais, nuancé de quelques notes de violette, ainsi qu’une poignée de noisettes caramélisées.
Les amateurs de vin CARNIVORES parmi nous seront ravi de découvrir ce vin rouge fortement compatible avec les longues soirées grillades de l’été. Mais il saura également réconforter les œnophiles HERBIVORES, en sublimant une salade de tomates fraîche à la fêta et aux olives noires et en accompagnant à merveille toute sorte de légumes estivaux grillés.
Habemus Papam 2012 de Santa Duc - la dentelle de Châteauneuf-du-Pape
Quand un vigneron installé à Gigondas au pied des Dentelles de Montmirail transpose son savoir-faire aux sols caillouteux et sableux de La Crau et des Saintes Vièrges, un vent frais semble se lever sur ces terroirs de Châteauneuf-du-Pape. En bouteille depuis le printemps, le millésime 2012 en est la preuve vivante !
Habemus Papam Domaine Santa Duc Chateauneuf-du-Pape
Sa couleur est apaisante : rouge sang, très claire, avec une légère touche de violette. Un premier nez très frais, très fruit, suivi par une ouverture assez rapide sur des épices douces, du poivre et des arômes balsamiques. Un bouquet jeune et tonique, que l’on retrouve au palais et qui raisonne longtemps encore en finale.
Finement salée, la bouche a quelque chose de caillouteux, de sablé. Est ce que c’est le caractère minéral de ce vin ou est ce que ce sont ses tanins délicats, très frais et jeunes ? Difficile à dire, car ce vin de Grenache et de Mourvèdre, déjà délicieux, mais bâti pour l’avenir, ne semble nullement pressé de reveler tous ses secrets.
La solution ? Soyez aussi patients que lui, trouvez lui une place dans votre cave et faites-en votre compagnon de table pendant les 10 prochaines années.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE : aubergines confites, poêlée de champignons, curry au légumes de saison…
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE : côtelette de veau sauce au vin rouge, filet mignon à la moutarde et pintade aux morilles dans sa jeunesse, saltimbocca de faisan à la romaine (enveloppé de sauge et de jambon cru), pigeon rôti aux cèpes et fromages affinés type « Époisses » après quelques années de vieillissement.
Ce vin « entièrement fait main » existe depuis 14 ans, les vignes dont il est issu cumulent presque 400 ans d’âge. Son encépagement était quasiment une hérésie au début de ce millénaire, ce qui prouve l’histoire qui a sonné l’arrêt de mort de son prédécesseur : un AOC Minervois du millésime 1999 fait uniquement avec du PICPOUL NOIR. La vente de ce produit fut officiellement interdite, à cause de son cépage unique. Le PICPOUL NOIR fait pourtant parti de l’encépagement officiel du MINERVOIS et d’autres appellations prestigieuses, comme par exemple CHATEAUNEUF-DU-PAPE. Un coup de chance finalement, car cet incident a réveillé l’envie de PIERRE d’aller encore plus loin et de créer cette cuvée unique, élaborée entièrement de cépages quasi prohibés, mal vus et dans tous les cas mal aimés (PICPOUL NOIR, ARAMON, ALICANTE & CARIGNAN).
Certains de ces cépages ont aujourd’hui quasi disparus et tous ont été remplacés par d’autres cépages, les fameux « cépages améliorateurs ». Ceci semble d’ailleurs avoir entraîné un appauvrissement de la diversité de l’encépagement français, ainsi qu’un appauvrissement de la diversité gustative des vins. Ainsi 10 cépages couvrent aujourd’hui 70% de la surface viticole cultivée en France et une quarantaine de cépages seulement la totalité (source).
Sur VINPARLEUR on défend une politique très simple : on aime tous les cépages, sans exception. Plus il y en a, mieux c’est ! Pour convaincre ceux qui ne le sont pas encore, voici nos impressions gustatives des Mal Aimés 2012 :
De couleur grenat clair, légèrement voilé due à la mise en bouteilles sans filtration, ce Vin de France (anciennement Vin de Table) séduit par son bouquet intense et éclatant de fruits rouges et noirs, surtout marqué par le succulent caractère fruité-végétal du Cassis, ainsi qu’une poignée d’olives noires. En bouteille depuis deux ans, il s’ouvre en quelques minutes, s’enrichissant d’arômes de pâtisserie et de cacao bien gourmands. La bouche est plutôt légère et fondue avec une vivacité rafraîchissante. Peu tannique, ce vin possède néanmoins une belle structure soyeuse, avec une légère accroche donnant longueur et relief. À boire dès maintenant, ou à oublier pendant 2 à 3 ans dans la cave.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE Sans hésiter, une lasagne d’aubergines !
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE Vous n’aurez que l’embarras du choix : côtes d’agneau grillés, boudin noir, rôtie de porc, jambon cru, tartines au pâté de sanglier, coq au vin…
Picpoul noir Pierre Cros
PS POUR LES CURIEUX ARAMON : 150 230 hectares plantés en 1958 - 9 084 hectares en 2004. CARIGNAN : Il couvrait 43% des surfaces du vignoble du Languedoc-Roussillon en 1979, contre 13,5% en 2010. PICPOUL NOIR : en 1990 quelques 200 hectares résiduels plantés.
source
Si on additionne les données de ces cépages avec les surfaces du CINSAULT NOIR, du TERRET et du GRENACHE BLANC, de l’ALICANTE BOUCHET et du MACABEU, ces cépages traditionnels des vignobles méditerranéens additionnent une chute des superficies de 260 000 hectares entre 1979 et 2010…
(source)
Decanter déguste Domaine Santa Duc #Gigondas Prestige des Hautes Garrigues 2012
Un domaine familial depuis 5 générations. Nez plein d’herbes et de fleurs, un « pot pourri » de fleurs séchées et de lavande. Plein, petits fruits rouges et noirs, beaucoup de gras. Long, juteux, rond, soyeux - tout en parfait harmonie. Un plaisir à boire. Dégustez entre 2015 et 2020. 18pts/20 (93/100pts)