On entend souvent que la vigne doit souffrir pour faire de bons vins. Mais « souffrir » et « bon », ça ne va pas trop ensemble, non ? Certes, la vigne se plait dans des terrains pauvres, mais où se trouvent ses limites ? Quelques réponses dans cette vidéo.
La véraison, début de la maturation des raisins, expliqué en langue des signes #lsf #vin #pvalm
Petite piqure de rappel en viticulture : la véraison est passée, les raisins sont en train de mûrir. Voici quelques explications, en vidéo, en français et en langue des signes...
Crée par l’homme, la nature trouve néanmoins sa place dans les paysages viticoles : des haies installées en bordure, des talus fleuris, un enherbement naturel ou semé entre les rangs… On dirait que la vigne reprend de la couleur.
Appellation Gigondas
Des endroits où la vigne pousse en harmonie avec la flore et la faune environnante, il y en a plein en Vallée du Rhône. Personnellement, j’aime aller à Gigondas, village viticole lové contre le flanc nord des Dentelles de Montmirail. En partant de l’Ouvèze, petite rivière sauvage qui a jadis apporté d’impressionnantes quantités de cailloux pour créer les sols viticoles et les terrasses en dessous du village, on peut monter jusqu’en haut, pour se trouver au milieu des formations calcaires du massif montagneux. Ici, la vigne s’adapte au paysage et semble s’accrocher à la roche pour profiter de la vue. Une vue qui traverse toute la vallée jusqu’à l’Ardèche, de l’autre côté du Rhône.
Juste au-dessus du village on trouve le « Clos Derrière Vieille », quelques hectares de vignes en terrasses, où les Grenache et Mourvèdre ainsi que quelques Syrah du Domaine Santa Duc prennent de l’hauteur. Les parcelles les plus hautes se trouvent au milieu des bois, des bois qui poursuivent ensuite leur ascension vers les rochers blancs si caractéristiques des Dentelles.
« J’aurais pu défricher ces terres et planter davantage, » explique Yves Gras, « mais l’endroit me plait tel qu’il est. Et puis, les bois protègent les parcelles, créant un microclimat favorable à la vigne. »
Favorable à la vigne et donc favorable au vin. Car le goût du vin n’est-il pas le reflet de son terroir ?
Le printemps débuta en douceur avec des températures supérieures à la moyenne en avril et mai et une pluviométrie déficitaire.
Le mois de juin exceptionnellement ensoleillé permit une floraison parfaite des raisins suivie par 60mm de pluie les 14 et 15 juin.
Le très beau temps dura jusqu’aux pluies divines du 13 et 14 août (60 mm sans orages violents). Le vignoble est en pleine santé et les 30 mm de précipitation au début
d’un mois de septembre ensoleillé annonce une parfaite maturation des raisins.
Nous avons débuté les vendanges des blancs le 15 et des rouges le 24 septembre dans de très bonnes conditions.
Un état sanitaire parfait, des degrés maitrisés (13.5°), donnent des vins de grand équilibre, frais et sapides, plein de promesses.
Un grand millésime en devenir.
La dénomination « Vin de France » (VDF) a été créée en 2009 dans le cadre de l’organisation commune du marché du vin en Europe, remplaçant la mention « Vin de Table ». Les VDF sont également désignés en tant que « vin sans indication géographique » (VSIG). Tout vin produit en France qui n’est pas accueilli par une appellation d’origine protégée (AOP, les anciens AOC) ou par une indication géographique protégée (IGP, les anciens Vin de Pays) est donc par définition un VDF.
C’est une catégorie de vin ingrate, parce que l’on y trouve justement de tout. Des plus abominables jus de fruits fermentés dont nous tairons les noms (de marque) ici, aux pépites de la viticulture ancestrale… Tout y est. Synonyme de « gros rouges qui tâchent » avec les rendements démesurés d’une viticulture industrialisée depuis des décennies, on oublie parfois qu’il y ai d’autres raisons pour qu’un vin (un vrai !) puisse se trouver dans cette catégorie.
La raison la plus fréquente est l’encépagement de la cuvée. Toute AOP et toute IGP possède son propre catalogue de cépages autorisés. Seule la culture de ces cépages dans l’aire géographique délimitée donne droit à l’AOC ou l’IGP. Si on cultive d’autres cépages, on se retrouve automatiquement estampillé « Vin de France ». C’est par exemple le cas pour les « Mal Aimés » de Pierre Cros, une cuvée élaborée à partir de vieux cépages du Languedoc (Picpoul noir, Alicante, Aramon et Carignan), ou de son rosé « Partouse », un joyeux pêle-mêle d’Aramon, Picquepoul, Morrastel et Rivairenc. Ce même vigneron a d’ailleurs planté du Nebbiolo et du Touriga nacional sur ses terres situées dans l’appellation Minervois en 2001, également labellisés VDF.
Une deuxième raison peut être le lieu dans lequel la vigne a été plantée. Si la parcelle ne se trouve pas sur un terroir classé AOP ou IGP, les VDF l’accueillent. Et puis, produire du VDF peut aussi être un choix de vigneronne ou de vigneron. Les AOP et IGP proposent des avantages, comme par exemple la notoriété et la visibilité sur un marché mondial. Mais ces avantages vont de paire avec des contraintes de production. Faire du VDF peut donc aussi être synonyme d’une production viticole qualitative en toute liberté !
CONSEIL 1 : si vous avez le palais curieux, portez une attention particulière aux VDF lors de votre prochaine visite chez votre caviste de confiance. De jolies surprises vous attendent. CONSEIL 2 : si vous avez le palais délicat, évitez les VDF en bas du rayon lors de votre prochaine visite dans votre supermarché le plus proche. Pas de bonnes surprises en vue…
Le « terroir » vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace.
Le « terroir » inclut des caractéristiques spécifiques du sol, de la topographie, du climat, du paysage et de la biodiversité.
Pour élargir sa palette de vins, Pierre Cros est allé chercher des cépages en Italie et au Portugal (Nebbiolo et Touriga nacional). Il a aussi réhabilité des cépages languedociens longtemps décriés. […]
« Lorsque j’ai voulu les planter en 1998, ces deux cépages n’étaient pas encore inscrits au catalogue français. J’ai dû me bagarrer pour obtenir une autorisation dans un cadre expérimental », raconte cet ancien rugbyman qui ne se laisse pas arrêter par l’adversité.
Pierre Cros cultive aujourd’hui dix-sept cépages sur 22,5 ha dans son exploitation située à Badens dans l’Aude. Curieux de ce qui se fait ailleurs, il n’a pas voulu se contenter des cépages classiques de l’appellation Minervois, Syrah, Grenache et Mourvèdre. En 2001, il a planté 58 ares de Nebbiolo et 98 ares de Touriga nacional.
« Je suis tombé amoureux de l’appellation italienne Barolo, élaborée avec du Nebbiolo. Ce cépage apporte des tanins soyeux, de la finesse. C’est ce que je recherche », note-t-il. Le Touriga nacional, qu’il a découvert lors d’un voyage dans la région du Dao, au Portugal, apporte surtout de la rondeur, de la complexité aromatique. « Il est plus expansif, plus chaleureux que le Nebbiolo. » […]
Pour trouver un itinéraire de vinification adapté, il a tâtonné. La macération carbonique n’a pas donné de bons résultats. « Aujourd’hui, je le vinifie de façon traditionnelle, dans des fûts en bois, et je l’élève en bouteilles. »
Des essais avec la chambre d’agriculture
La chambre d’agriculture de l’Aude a encadré les plantations expérimentales de Nebbiolo et de Touriga nacional chez Pierre Cros. « Nous avons acheté des greffons chez des pépiniéristes italiens et portugais, puis produit les plants », raconte Didier Viguier, responsable de l’atelier bois et plants de la chambre d’agriculture.
Après avoir accumulé les observations agronomiques et œnologiques, la chambre d’agriculture a déposé un dossier d’inscription au catalogue français.
« Depuis 2012, ces deux cépages sont inscrits et peuvent être plantés par tous », note Pierre Cros avec satisfaction.
#Sauvignon blanc – le cépage le plus fou de la terre ?
La question est légèrement exagérée, j’avoue. Il y en a d’autres qui méritent plus ou autant ce titre, comme par exemple le Shavkapito en Géorgie, le Grüner Veltliner en Autriche, la Folle noir à Fronton…
Sauvignon blanc
Cépage dit aromatique, mère du Cabernet sauvignon après une brève liaison avec le Cabernet franc, le Sauvignon blanc est traditionnellement implanté dans la Loire et dans le Bordelais. Mais il se fait aujourd’hui également remarquer dans différents IGP en France. On pourrait dire que Sancerre est son ambassadeur le plus hautement gradé et que l’appellation Saint Bris en Bourgogne son secret le mieux gardé. C’est la Nouvelle Zélande qui en a fait un cépage « branché » et qui reste son incontournable ambassadeur N°1 dans l’hémisphère sud. Pour le reste, il s’est fait une place dans tout vignoble du monde qui se respecte et est quasiment devenu une marque à lui tout seul.
Détourné en cépage « bling-bling »
Souvent vif, voire nerveux en bouche, ses principaux descripteurs aromatiques sont le genêt, le buis, le bourgeon de cassis, le pamplemousse, le fruit de la passion et, dans certains cas, la fumée ou encore la pierre à fusil. Ça c’est quand tout se passe bien. Dans beaucoup de cas, on fait néanmoins référence au « pipi de chat », que l’on pourrait aussi traduire par « le genêt, le buis, le bourgeon de cassis, le pamplemousse, le fruit de la passion etc., mais dans sa version vulgaire ». Car un cépage aromatique, ça fait beaucoup de bruit dans le verre, affichant rapidement son côté « m’as-tu vu ? ». Un trait de caractère qui s’oppose souvent à l’élégance et au raffinement. Il en va d’ailleurs de même pour d’autres cépages aromatiques, comme le Muscat et le Gewürztraminer…
Sauvignon blanc
Mais aujourd’hui je l’aime…
Je vous rassure, le bon, le généreux, le savoureux, le grand Sauvignon, il existe aussi ! Souvent dérangé par son parfum trop envahissant, j’ai dû apprendre à l’apprécier. Pendant des mois, voire des années, je me suis confronté au Sauvignon blanc sans hésitation aucune, partout où je pouvais attraper une bouteille : Sauvignon du Pays d’Oc, d’Allemagne et de Nouvelle Zélande, élaboré en Afrique du Sud ou en Italie, dans la Loire, en Bourgogne, dans le Penedes ou dans l’Entre-Deux-Mers. Même pas peur ! J’ai (presque) tout essayé, pour finalement m’avouer ceci : pour afficher une telle puissance et typicité aromatique sans gêne, il faut effectivement être un cépage un peu fou. Mais si il se trouve au bon endroit et dans de bonnes mains, c’est aussi un cépage très grand.
Jean-Louis Bersan, vigneron à Saint Bris me disait une fois que « trouver de la finesse dans un vin si aromatique que soit le Sauvignon, c’est justement prouver que c’est bien plus qu’un simple cépage aromatique ».