Six mois après la mise en bouteille, revenons sur notre Prestige des Hautes Garrigues et sur ce millésime exceptionnel en Vallée du Rhône.
Le nez semble discret, mais entame rapidement une ascension en puissance et richesse aromatique. Beaucoup de fruits et d’herbes sauvages, cerise et griotte, myrtilles et fraises des bois, laurier, romarin, révèlent la jeunesse du vin, tout comme les notes de cacao, de tabac blond et de cannelle rappellent les foudres en bois de chêne dans lesquels cette cuvée a été élevé durant 18 mois. En bouche, minéralité et fraîcheur dominent le gras et la puissance, créant un vin élégant et féminin, qui présente néanmoins une structure tannique non-négligéable. Le poivre se lie aux fruits, la fumée aux herbes, la figue sèche et le citron confit donnent finesse et profondeur aux flaveurs très persistantes.
À déguster frais après carafage dès cet hiver, ou à savourer sur de longues années. Robert Parker décrit ce vin comme sensationnel ! « La robe sombre et pourpre est accompagnée par des savoureux arômes de crème de cassis, de cerise, de mûre et d’une multitude d’herbes grillées, de viande rôtie et de réglisse. Une intensité extraordinaire, une sensation »multidimensionnelle« en bouche et une finale qui dure plus de 40 secondes. Cette »beauté« se dégustera bien pendant les deux prochaines décennies. »
Malgré le faite qu’il s’agit d’un des cépages les plus plantés au monde (200.000 hectares environ), le Grenache reste relativement peu connu pour bon nombre de consommateurs de vin et il se trouve toujours dans l’ombre des stars des 20 dernières années – Cabernet et Cie. Originaire d’Espagne, le Garnacha s’est répandu autour de la Méditerrannée vers la fin du 19e siècle.
Aujourd’hui il produit dans ces régions quelques vins à grand renommée, tel que Gigondas et Châteauneuf du Pape, et sa présence dans les vins est primordiale dans bon nombre d’appellations, tel que le Languedoc, le Priorat ou encore la Rioja. La majorité des vignes de Grenache se trouve en effet en France et en Espagne (85% de la surface de Grenache mondiale), mais sa popularité est croissante et on peut le trouver en Australie ou en Californie, où ce cépage est d’ailleurs défendu par les Rhône Rangers.
Les vins de Grenache ont la réputation d’être de véritables et puissantes bombes à fruit. Et c’est vrai, il y en a quelques-uns : souple, rond et doux, des arômes de framboise, de confiture de fraise… Mais il y en a d’autres et beaucoup d’amateurs de vin apprécient le Grenache à cause de son étonnante capacité d’allier la puissance à la délicatesse, la complexité aromatique, l’élégance tannique et une finale en finesse. Pour créer un tel vin, il vous faut évidemment pas seulement un beau cépage, mais en plus en terroir adapté et un vigneron curieux et expérimenté.
Solitaire et bon coéquipier
Dans certains vignobles, comme en Vallée du Rhône par exemple, le Grenache ose faire de l’ombre à la Syrah et au Mourvèdre. Mais même s’il s’impose dans certains vignobles et même si dans de nombreux terroirs le Grenache se suffit à lui-même, il apprécie néanmoins la compagnie d’autres cépages dont il connaît les qualités : à l’aide de la légèreté du Cinsault, de la droiture du Carignan et du sérieux du Mourvèdre, on crée les excellents vins rouges et rosés bien typés de la méditerranée. Mais n’oublions pas non plus le Grenache blanc, cépage d’assemblage par excellence, ami de la Clairette blanche, du Viognier, du Muscat, Picpoul et autres Marsanne et Rousanne.
Il semble néanmoins que le Grenache aurait une certaine faiblesse, un véritable coup de cœur pour la Syrah. LA Syrah, un des rares cépages français au prénom féminin, sait apporter des qualités au Grenache dont il se sert volontairement : couleur sombre et mystérieuse, arômes de violette, de framboise et de myrtille, de truffe noire et de tabac blond dans les vins vieillis. Et en bouche c’est avec son élégance incontestable, qu’elle modère parfois la fougue du Grenache.
Ailleurs qu’en France, les assemblages à base de Grenache rencontrent un succès grandissant, comme par exemple en Australie, où les GSM-blends (assemblage Grenache Syrah Mourvèdre) font déjà partie des classiques.
Le Pinot noir du sud ?
Le Grenache a quelques points communs avec ce grand cépage bourguignon.
Premièrement : Les deux cépages existent en trois couleurs. Car à part du Grenache noir, on cultive également du Grenache blanc et du Grenache gris en méditerranée, même si cette dernière variante fait presque parti des cépages oubliés. Comme le Grenache noir, le blanc et le gris sont également souvent associés à d’autres cépages, pour faire des vins blancs frais et épicés. Et n’oublions pas non plus le vin rosé, grand gagnant des dernières années, car de plus en plus populaire et produit dans de nombreux vignobles au monde (France, Espagne, USA, Italie…), souvent à base de Grenache, de Syrah, de Mourvèdre, de Cinsault…
Deuxièmement : Les deux cépages sont très délicats et assez fragiles et seul les mains les plus attentives et douées arrivent à entièrement extraire le potentiel aromatique et gustatif de la pulpe et des pellicules et d’en faire un vin harmonieux.
Troisièmement : Ils sont vêtus d’une robe assez claire, faite qu’on leur a souvent reproché dans le passé.
Quatrièmement : Les deux cépages sont capables de nous donner des vins rouges avec bouquets étonnants et complexes, remplis d’épices et de fleurs, et heureux sont souvent ceux qui trouvent les vins de Grenache les plus délicats, avec un bouquet qui « pinote ».
Cinquièmement : Les deux cépages craignent l’air et sont assez sensibles à l’oxydation.
Mais avec tout ça il faut reconnaître, qu’il y a aussi des différences entre les deux cépages. L’un est surtout un cépage du nord, l’autre un fruit du soleil. Le Pinot fuit la puissance, tandis que le Grenache semble la défier et des vins de Grenache avec 14,5 % Vol. ou plus ne sont pas rares. Mais n’ayez pas peur, la quantité n’est pas importante, c’est l’équilibre qui fait le goût !
Yves Gras, vigneron à Gigondas, m’a dit une fois que « le secret des grands terroirs de Grenache est justement de préserver l’acidité et la fraicheur dans les raisins. »
Pour finir, je ne peux que vous conseiller de partir à la découverte du Grenache, si ce n’est pas déjà fait. Votre palais vous le remerciera.
Le rose c’est sans doute la plus belle couleur de l’été – Pierre Cros Tradition Minervois
Le vin rosé est sans doute le vin gagnant de la dernière décennie. On en boit, on en boit de plus en plus, on l’aime et on l’attend presque comme on attend l’été. Sa popularité lui a visiblement fait du bien, car les efforts et résultats qualitatifs ont été considérables ces dernières années. Loin semble être l’époque du grand Château Migraine en bouteille plastique de 5 litres. En effet, le vin rosé est aujourd’hui considéré comme un vin à part entière, et non comme un vin hybride qui cherche sa personnalité quelque part entre le blanc et le rouge.
Ils existent aujourd’hui plusieurs grandes régions et grandes écoles de vin rosé : la Loire, avec son Gamay et Cabernet franc parfois sucrés, la Provence avec son Mourvèdre et Tibouren noir, les rosés du Rhône à base de Grenache et avec son Tavel - rosé des rois - et le grand Languedoc avec ses vins méditerranéens de Grenache, Syrah, Cinsault, Carignan…
Quand à l’élaboration, deux grandes écoles s’opposent et complètent : les vins rosé de pressurage direct et les vins rosé de saignée. Comme l’explique son nom, les raisins (noirs) vendangés pour élaborer un vin rosé de pressurage direct sont directement mis dans le pressoir, souvent après un érafflage, pour extraire le jus des raisins. Dû au faible contact entre le jus et la pellicule qui contient la couleur, la coloration de ces jus est souvent faible et donnera des vins rosés clairs. Mais attention, la couleur des moûts dépend entre autres du cépage, de la maturité des raisins et de la mise en œuvre du pressurage. Le moût obtenu par pressurage direct est ensuite fermenté à basse température, comme un vin blanc.
Pour un rosé de saigné, les raisins (toujours noirs) sont érafflés et foulés (léger écrasement des baies pour faciliter l’écoulement des jus) et mis dans une cuve réfrigérée. C’est surtout le temps de contact entre le jus et la pellicule qui décidera de la couleur et du caractère du vin – toujours en fonction du cépage et de la maturité. Au bout de quelques heures la cuve est saignée, en tirant une partie du jus vers une autre cuve. La vendange fraîche qui reste dans la première cuve fera du vin rouge, tandis que la saignée est vinifiée comme un vin blanc, en phase liquide.
Classiquement on obtient deux types de rosé distincts par ces procédés : le rosé de pressurage avec peu de couleur et un profil gustatif tendu, frais et assez léger, et le rosé de saigné avec une couleur plus soutenue, assez généreux, rond et gourmand. Bien évidemment, on peut utiliser les deux techniques ensemble pour élaborer un seul vin rosé. L’essentiel est d’adapter la technique utilisée aux raisins et au profil de vin souhaité.
La cuvée Tradition de Pierre Cros en est un bel exemple. Constitué par quatre cépages méditerranéens, les deux techniques sont appliquées : pressurage direct pour le Grenache et le Mourvèdre, saignée pour le Cinsault et la Syrah. Les deux premiers apportent ainsi fraîcheur et relief, complétés par la douceur et la rondeur du Cinsault et de la Syrah. De couleur pâle et brillante, ce rosé présente un nez très attrayant de fraise et framboise dans sa jeunesse, qui se complète avec le temps de quelques notes d’écorce d’agrumes et de menthe. Frais et léger en bouche, et avec quelques tanins discrets en fin de bouche, ce vin a du relief et de la continuité, bref, une très grande buvabilité ! Servi à la bonne température (10 à 12°C), c’est un rosé d’apéritif, un rosé de terrasse, un rosé de repas, bref un véritable ami de l’été…
Le Mourvèdre vient de mars, la Syrah de Vénus – les cépages complices au Domaine Santa Duc
Et oui c’est vrai, à Gigondas le Grenache ose faire de l’ombre à la Syrah et au Mourvèdre. Mais même s’il s’impose dans ce vignoble de la Vallée du Rhône, et même si dans de nombreux terroirs le Grenache se suffit à lui-même, il aime néanmoins se sentir bien entouré par d’autres grands cépages.
C’est pour cela que le Mourvèdre et la Syrah dans une moindre mesure occupent aujourd’hui une place importante dans notre vignoble, pour des raisons différentes. Car LA Syrah, un des rares cépages français au prénom féminin, sait apporter des qualités au Grenache dont il se sert volontairement : couleur sombre et mystérieuse, arômes de violette, de framboise et de myrtille, de truffe noire et de tabac blond dans les vins vieillis. Et en bouche c’est avec son élégance incontestable, qu’elle modère parfois la fougue du Grenache.
Le Mourvèdre que nous affectionnons plus particulièrement quant à lui, regarde les deux souvent avec une certaine distance. Plus sérieux, plus discret, c’est un véritable homme de l’ombre dans nos vins, qui sait rester discret, tout en contrôlant l’assemblage. Noir, sombre et confituré dans son fruit, c’est surtout pour sa structure tannique qu’il s’est fait aimer… ou craindre.
Cépage tardif, le Mourvèdre ne se plante pas n’importe où, au risque de ne pas l’emmener à pleine maturité. Dans ce cas, il s’exprime avec grossièreté et rend la vie du vinificateur bien difficile. Mais dans le terroir tardif de Gigondas, le Mourvèdre prend ses aises, aussi bien dans les sols alluviaux des Hautes Garrigues, que sur les hauteurs calcaires des Dentelles de Montmirail. Il apporte droiture et raison à nos vins, tout comme la fraîcheur de ses tanins serrés et fins.
Voyage à Trilla pour le festival des vieux cépages
La deuxième fête des vieux cépages, organisée par le journaliste André Dominé & friends a eu lieu le samedi 21 juillet dernier à Trilla, dans les Pyrénées-Orientales. Après Perpignan, une route montante et sinueuse, donnant envie de s’arrêter pour contempler le paysage tous les 200 mètres, m’a amené vers 9 heures du matin à Trilla.
Festival des vieux cepages à Trilla - VinParleur
Le village se préparait à la fête et la salle annexe de la mairie se remplissait avec des vigneronnes et vignerons, ainsi qu’avec des bouteilles aux vieux noms fièrement affichés sur les étiquettes : Grenache noir et blanc, mais également l’impressionnant gris, Lledoner pelut (le Grenache velue catalan), un Ribeyrenc de Saint Chinian, du Picpoul noir et de l’Aramon venu du Minervois, du Cinsault corsé et de l’Œillade fraîche et le Carignan bien sur, dans toute sa splendeur et sur presque toutes les tables, y compris dans le Carignan Corner de Michel Smith.
Des vins secs aux vins doux, nous retrouvions beaucoup de caractère dans toutes les bouteilles et dans tous les verres ! Interrompu seulement par deux petites heures d’un repas vigneron convivial et délicieux (et encore et encore des dégustations) et par une prestation quelque peu exotique de danse brésilienne, la salle était pleine du matin au soir, permettant aux amateurs et curieux venus de près ou de plus loin de découvrir un beau chapitre d’histoire et d’avenir, espérons-le, du Languedoc-Roussillon viticole. Mes papilles et moi-même en tous cas, nous nous sommes vraiment régalés !
Rosé osé - La cuvée Méridienne du Domaine de l’Arjolle
L’élaboration de ce rosé est un grand challenge pour nous, à la vigne comme à la cave, année après année. La Méridienne rassemble trois grands cépages originaires des grandes régions de production de rosé : le Grenache de la méditerranée, la Syrah du Rhône et le Cabernet franc de la Loire. Mais le véritable défi de cette cuvée se trouve dans la vinification et l’élevage en barrique. Ce n’est pas une mince affaire d’allier la fraîcheur souhaitée d’un rosé à la structure et au volume exigé pour un passage en bois.
Le secret est surtout dans le choix des raisins, un secret que nous gardons précieusement… Le résultat est bluffant, et le goût très particulier de ce rosé arrive toujours à nous surprendre.
Une couleur œil de perdrix soutenue, un nez puissant plein de fruits, telle la cerise et les groseilles, un soupçon de poivron et d’herbe fraîche, liés aux épices douces venant de la barrique. En bouche, c’est la fraîcheur qui marque la première impression, rapidement rejoint par l’onctuosité et le volume du milieu de bouche. En final, la présence discrète de quelques tanins donne du relief et de la longueur. C’est un rosé sérieux avec de bonnes manières, qui saura bien se tenir à votre table. Il honorera vos plats élaborés avec soin - poissons grillés, viandes blanches, risotto au fenouil et chorizo, bouillabaisse - mais vous accompagnera également dans vos moments de convivialité, comme il se doit pour un véritable rosé de plaisir.
Habemus Papam - nous avons un pape - c’est ce que nous pouvons finalement dire au Domaine Santa Duc quelques jours après la mise en bouteille de notre premier vin issu du terroir Chateauneuf-du-Pape.
Habemus Papam Santa Duc - VinParleur
C’est en 2009 que nous avions acquis une belle parcelle de vignes, vieille d’une quarantaine d’années, sur des sols sableux au nord-est de l’appellation. Vendangés pour la première fois en 2010, millésime épanoui en Vallée du Rhône, les raisins ont été vinifié avec des levures naturelles et quelques raffles, avant de pouvoir se reposer et s’harmoniser pendant plus d’un an en foudre de chêne dans la cave de notre domaine.
Sur l’étiquette, Jean XXII est à l’honneur. Issu de Cahors, ce premier des papes qui choisit Avignon comme domicile fit planter la première vigne pontificale et construit un château neuf dans ce qu’il allait devenir Chateauneuf-du-Pape.
C’est un vin à grande majorité de Grenache agrémentée de quelques grappes de Mourvèdre, l’œil clair, le nez fin et élégant, la bouche succulente, tendue et douce. Après s’être présentée récemment dans quelques dégustations confidentielles à l’occasion des grands salons en France et ailleurs, cette fille de Châteauneuf, née dans le terroir des Saintes Vierges, délicieuse voisine de La Crau, se dit aujourd’hui prête pour se présenter à vous.
Bonne d’esprit, notre papesse vous invite à savourer, à boire et à rire. Vin divin ou presque ? Nous vous laissons le soin de le découvrir par vous-même…
Par ailleurs, nous sommes heureux de vous informer, que nous venons d’acquérir 2,5 hectares de vielles vignes sur Chateauneuf-du-Pape aux lieux-dits La Crau et La Font du Pape, ce qui porte à 3,75 hectares la surface de nos vignes sur cette appellation.
Santa Duc Le Fournas Sablet blanc – vin de jour et vin de nuit
Dans ce vin blanc issu des sables et saffres de Sablet, terroir voisin de Gigondas, le Viognier originaire de Condrieu s’allie aux cépages méditerranéens : Bourboulenc et Grenache blanc– habitués au climat ensoleillé et à la force du Mistral - soulignent son riche parfum fruité par la fraîcheur citronnée et la douceur des fruits bien murs. La Clairette blanche apporte des arômes floraux et de la complexité.
Un vin qui accompagnera à merveille vos repas d’été : à l’apéritif avec une tapenade d’olives vertes, au repas avec des sardines et des légumes grillées, au fromage avec un chèvre frais à la sarriette, au dessert avec du melon de Cavaillon. Enfin, il apportera fraîcheur et vivacité à toutes vos soirées d’été…