Nous l’avions déjà évoqué au printemps dernier, en Vallée du Rhône le millésime 2011 est un millésime de patience. Les vins se sont transcendés durant l’élevage. Le travail accompli depuis leur naissance, les premières vendanges le 14e jour d’un mois de septembre splendide, vendanges et tri manuel, fermentation avec levures naturelles, vinification en vendange entière pour les parcelles les plus tardives, macérations longues et extractions lentes.
L’élevage s’est déroulé en grande partie sous bois, avec une évolution vers les foudres de 36 hectolitres au détriment des barriques (dans le souci de préserver la qualité et la fraicheur du fruit). Aujourd’hui, les assemblages reposent en cuves bétons et les mises en bouteilles sont programmées les jours en lune favorable à l’expression aromatique des vins.
Un indien à Gigondas - Épandage de charbon végétal et de compost dans les vignes de Santa Duc
Pour améliorer la structure et la vitalité des sols de nos vignes, nous épandons régulièrement des composts en période d’hiver. En plus d’apporter de la matière organique et des éléments vitaux aux plantes sous forme d’humus, le compost montre une bonne capacité de rétention d’eau, ce qui améliore l’alimentation des vignes, surtout en période estivale.
Depuis plusieurs années, des articles dans la presse viticole sur une pratique vieille de 3000 ans a retenu notre attention : le mélange du compost avec le charbon végétal - la terra preta (terre noire) des peuples d’amazonie à l’époque précolombienne .
Terra Preta Domaine Santa Duc Gigondas
Grâce à sa porosité élevée, le charbon peut absorber et stocker jusqu’à cinq fois son poids en eau, puis restituer l’eau en période de sécheresse. Il est également capable de fixer des éléments nutritifs dont vont se nourrir les micro-organismes du sol et les plantes. Après épandage, le carbone contenu dans le charbon végétal se trouve dans les sols sous une forme très stable, non relargable dans l’atmosphère. C’est donc aussi une contribution à la diminution des gaz à effet de serre.
Au printemps dernier, nous avons demandé à l’entreprise Angibaud de se pencher sur cette technique et, si possible, de développer un mélange Compost-Charbon pour nos vignes. Après plusieurs mois d’essai, le produit CHARBOVEG était né.
Terra preta Domaine Santa Duc Gigondas
Il a été épandu dans notre vignoble cet hiver en raison de 10 Tonnes par hectare. Cette technique coûteuse est en effet un investissement à long terme pour bonifier la vie et la structure de nos sols, pour garantir une végétation équilibrée, tout comme une maturation régulière et harmonieuse de nos raisins. C’est donc une très bonne base pour les vins des millésimes à venir.
Santa Duc - Le BIO certifié dans nos vignes et dans la cave
L’année 2012 sera donc un millésime important pour nous, mais également pour la viniculture BIO. En effet, le millésime 2012 sera le premier à produire du véritable vin BIO. Jusqu’à là uniquement « vin issu de raisins produits en agriculture biologique », l’application sur la vendange de cette année de la réglementation européenne sur la vinification biologique en fera un produit entièrement BIO, de la vigne à la bouteille. Au Domaine Santa Duc nous accueillons cette nouvelle avec joie et quiétude. Car les pratiques interdites par cette réglementation, telle l’utilisation d’enzymes, ne faisaient pas partie de nos habitudes et les doses de sulfites limitées à 100 mg par litre de vin ne sont pas atteintes dans nos vins.
Dégustation du Gigondas Prestige des Hautes Garrigues 2010 du Domaine Santa Duc
Six mois après la mise en bouteille, revenons sur notre Prestige des Hautes Garrigues et sur ce millésime exceptionnel en Vallée du Rhône.
Le nez semble discret, mais entame rapidement une ascension en puissance et richesse aromatique. Beaucoup de fruits et d’herbes sauvages, cerise et griotte, myrtilles et fraises des bois, laurier, romarin, révèlent la jeunesse du vin, tout comme les notes de cacao, de tabac blond et de cannelle rappellent les foudres en bois de chêne dans lesquels cette cuvée a été élevé durant 18 mois. En bouche, minéralité et fraîcheur dominent le gras et la puissance, créant un vin élégant et féminin, qui présente néanmoins une structure tannique non-négligéable. Le poivre se lie aux fruits, la fumée aux herbes, la figue sèche et le citron confit donnent finesse et profondeur aux flaveurs très persistantes.
À déguster frais après carafage dès cet hiver, ou à savourer sur de longues années. Robert Parker décrit ce vin comme sensationnel ! « La robe sombre et pourpre est accompagnée par des savoureux arômes de crème de cassis, de cerise, de mûre et d’une multitude d’herbes grillées, de viande rôtie et de réglisse. Une intensité extraordinaire, une sensation »multidimensionnelle« en bouche et une finale qui dure plus de 40 secondes. Cette »beauté« se dégustera bien pendant les deux prochaines décennies. »
Sous un ciel bas mais sec, Yves Gras rentre les raisins de ses parcelles les plus précoces à Gigondas et Vacqueyras. Avec concentration et bonne humeur, l’équipe internationale de vendangeurs (Vaucluse, Espagne, Afrique…) tri soigneusement les raisins à la vigne, tandis qu’ Yves se penche sur la benne pour enlever d’éventuels grains abîmés et feuilles tombées dans les seaux. Peu de raisins, mais des raisins juteux et goûteux pour ce millésime 2012, d’ailleurs le premier millésime certifié VIN BIO pour le Domaine Santa Duc, à la vigne comme à la cave.
Les orages fin Septembre ont apporté des pluies plutôt bénéfiques pour les parcelles et cépages tardifs de Santa Duc, dont les raisins seront vendangés dans la première moitié du mois d’octobre.
Le Mourvèdre vient de mars, la Syrah de Vénus – les cépages complices au Domaine Santa Duc
Et oui c’est vrai, à Gigondas le Grenache ose faire de l’ombre à la Syrah et au Mourvèdre. Mais même s’il s’impose dans ce vignoble de la Vallée du Rhône, et même si dans de nombreux terroirs le Grenache se suffit à lui-même, il aime néanmoins se sentir bien entouré par d’autres grands cépages.
C’est pour cela que le Mourvèdre et la Syrah dans une moindre mesure occupent aujourd’hui une place importante dans notre vignoble, pour des raisons différentes. Car LA Syrah, un des rares cépages français au prénom féminin, sait apporter des qualités au Grenache dont il se sert volontairement : couleur sombre et mystérieuse, arômes de violette, de framboise et de myrtille, de truffe noire et de tabac blond dans les vins vieillis. Et en bouche c’est avec son élégance incontestable, qu’elle modère parfois la fougue du Grenache.
Le Mourvèdre que nous affectionnons plus particulièrement quant à lui, regarde les deux souvent avec une certaine distance. Plus sérieux, plus discret, c’est un véritable homme de l’ombre dans nos vins, qui sait rester discret, tout en contrôlant l’assemblage. Noir, sombre et confituré dans son fruit, c’est surtout pour sa structure tannique qu’il s’est fait aimer… ou craindre.
Cépage tardif, le Mourvèdre ne se plante pas n’importe où, au risque de ne pas l’emmener à pleine maturité. Dans ce cas, il s’exprime avec grossièreté et rend la vie du vinificateur bien difficile. Mais dans le terroir tardif de Gigondas, le Mourvèdre prend ses aises, aussi bien dans les sols alluviaux des Hautes Garrigues, que sur les hauteurs calcaires des Dentelles de Montmirail. Il apporte droiture et raison à nos vins, tout comme la fraîcheur de ses tanins serrés et fins.
Domaine Santa Duc - Le millésime 2010 en bouteille
Après 14 mois d’élevage en cuves, en foudres ou en pièces, tous les vins du millésime 2010 du Domaine Santa Duc ont été mis en bouteille les 16/17 et 19/20 avril (en lune favorable de fruit) et sont donc désormais disponibles en France et à l’export : Hautes Garrigues, Tradition et Grand Grenache de Gigondas, pour nos vins les plus prestigieux. Mais aussi nos vins de repas et de plaisir quotidien – Les Quatre Terres, Les Vieilles Vignes et Les Plans ou encore le blanc Les Fournas de Sablet en 2011.
Ce qui caractérise ce millésime 2010, c’est son intensité et sa richesse aromatique au nez comme en bouche et son équilibre quasi parfait entre la richesse et l’acidité. Des vins fins et élégants, à savourer dans leur jeunesse ou à oublier sagement dans votre cave.
« La qualité de ce grand millésime en vallée du Rhône méridionale s’approche de 2007. Certains vignerons pensent même que 2010 surpasse 2007 grâce à sa vivacité et sa précision. […] Je ne me rappelle pas d’un millésime aussi concentré, puissant et riche avec autant de fraîcheur… » (R. Parker, Wine Advocate).
Dégustation millésime 2010 et « Habemus Papam » chez Yves Gras à Gigondas
C’était hier, lors d’un passage plutôt spontané au Domaine Santa Duc, qu’Yves Gras m’a présenté quelques bouteilles du nouveau millésime mis en bouteille il y une semaine. Généralement on dit que les vins se goûtent difficilement après la mise, mais comme je me méfie toujours des « on dit » j’ai quand même dégusté. Car même si la plupart des vins se montrent un peu « rebelles » après avoir changé de contenant (en effet, une bouteille est plus étroite qu’une cuve), il est toujours possible de voir si les vins sont « en place » ou pas.
Et « en place » ils le sont en 2010. C’est un millésime qui m’impressionne beaucoup depuis le début, car il sait aisément allier puissance et fraîcheur, tanins et douceur.
Frais et un peu enjoué pour le Côtes du Rhône Les 4 Terres, plus dense et très harmonieux en Gigondas Tradition, fruit noir, citron confit et beaucoup de finesse dans les tanins du Gigondas Hautes Garrigues, raisin sec, chocolat, pruneau et puissance pour le Grand Grenache 66. Néanmoins, ce qu’il m’a le plus marqué dans tous les vins, c’était leur capacité de faire saliver, signe de très bonne acidité, et de me donner envie de les boire.
Habemus Papam Chateauneuf du Pape Santa Duc
Un petit mot à part pour le Châteauneuf du Pape Habemus Papam, nouvelle cuvée du Domaine Santa Duc. Bien différent des Gigondas, ce vin exprime bien son terroir et répond aux attentes de l’appellation. La sucrosité et le volume du Grenache sont aux rendez-vous, avec de jolis tanins discrets et élégants.